Le projet Marina Oued El Maleh suscite l’inquiétude d’activistes écologistes à Martil

Traduction de notre article publié le 16 mai
Du 16 avril au 14 mai, des militants écologistes de Martil ont participé à la consultation publique sur l’étude de l’impact environnemental et socio-environnemental du projet Marina Oued El Maleh. Dans des déclarations au portail, ils ont exprimé leurs réserves sur le document soumis. Selon le président du Forum des associations Martil et coordinateur de l’Instance consultative de protection de l’environnement à Martil, « les deux documents soumis à consultation publique concernant le projet contiennent de nombreuses erreurs et un énorme manque de données, ce qui lui fait perdre toute crédibilité. Parmi ces erreurs et lacunes : la population de Martil (chiffres du recensement de 2014 attribués au recensement de 2024), la classification de Koudia Tayfour en tant que site d’importance biologique et écologique (SIBE), alors que c’est faux et qu’il est toujours sujet à des empiètements de construction, d’autres erreurs graves concernant les données géomorphologiques et les qualifications naturelles du site, l’absence d’identification précise de l’emplacment du projet, l’absence de données sur répartition de la superficie totale (20 hectares) entre terre et mer, la nature des yachts qui y accosteront, et le type d’énergie utilisée (fossile ou électrique), ainsi que sur la nature des installations touristiques (résidences) que le port accuillera. Nous craignons fort, à ce propos, dit notre interlocuteur, que ce ne soit au détriment de la seule couverture végétale restante dans cette zone sur la rive nord de la vallée et s’étendant jusqu’au pont routier. Cette couverture est réputée pour contenir des plantes rares qu’il faut protéger et constitue un bouclier protecteur contre les dangers des inondations. L’étude n’aborde pas non plus les effets du projet sur la pêche traditionnelle et les pêcheurs. En conclusion, l’étude présentée ne répond pas aux critères requis d’une étude rigoureuse au sens scientifique du terme. Aucune donnée fondée scientifiquement n’est fournie ni analyse sur la nature de l’écosystème de la zone du projet et des impacts environnementaux et sociaux potentiels qu’il risque d’engendrer. Pour toutes ces considérations et conformément aux exigences du décret n° 564.04.2 relatif à la consultation publique, le projet nécessite une expertise complémentaire qui répond aux questions soulevées ci-dessus et fournit une étude complète et satisfaisante. Un professeur universitaire spécialisé dans la biodiversité et l’environnement a également ajouté : « Le projet menace gravement les activités de pêche traditionnelles qui sont très importantes pour le développement local de Martil en installant un port de plaisance au lieu d’un port de pêche et en ciblant une zone marine de production de certaines variétés de poissons classée au niveau national. Il aurait été plus judiciable de réhabiliter le bras mort de la vallée de Martil situé au cœur de la Ville. L’étude doit identifier l’environnement naturel du site du projet et de son environnement immédiat, ainsi que les éléments environnementaux susceptibles d’être affectés par celui-ci à court ou à long terme (article 7 de la loi 49-17 relative aux incidences environnementales) en particulier les plantes, le sol, l’eau, l’air et les composantes physiques. L’étude mentionne le dérèglement du milieu naturel alors qu’en fait la création du port de plaisance signifie la dégradation de l’écosystème dunaire et l’élimination des zones humides à l’embouchure de l’oued El Maleh et de son extension maritime au niveau de la plage de Martil Cabo Negro. Elle pointe du doigt « la perturbation du milieu naturel (déblais, barrages, déforestation) » parmi les effets négatifs qui se produiront lors des phases de préparation et de construction du projet et reconnaît ensuite que la phase de construction du port a des effets négatifs sur le milieu naturel, mais ne fournit aucune caractérisation environnementale de ce milieu ni la nature et l’ampleur des dégâts. En fait, il ne s’agit pas de perturber l’environnement naturel, mais de la destruction définitive et irréparable d’un patrimoine naturel rare, y compris une biodiversité spécialisée en voie de disparition. Le forage et la construction de barrières impliquent la transformation profonde du littoral. Au niveau du fond marin, ces travaux entrainent l’enfouissement et la mort des organismes benthiques alors qu’au niveau de la colonne d’eau, l’accroissement de la turbidité affecte la capacité de filtration des bivalves et implique le colmatage des branchies des poissons. En plus des différentes menaces éminentes dues au dragage dans une zone méditerranéenne classée de production conchycole. Quant à la déforestation, elle ne signifie pas simple exploitation forestière, Il s’agit de l’éradication irréversible de la forêt de genévriers rouges, vestiges de la seule forêt côtière naturelle de la région. Le site choisi est injustifié étant donné qu’il existe de nombreux autres sites prioritaires potentiels qui ont été identifiés et évalués au niveau national et dans la région et nous nous demandons pourquoi le projet du port de Cabo Negro et le projet du port de Martil ont été abandonnés. L’étude soumise à consultation publique n’identifie aucune mesure de protection de la zone comme elle n’a pas précisé l’emplacement du déversement, sachant qu’il doit être éloigné de la côte afin de ne pas affecter les activités côtières et d’éviter le retour rapide des matériaux rejetés vers la côte ». Des observations supplémentaires ont porté sur la perte de la seule zone naturelle tranquille de la ville à Martil, connue pour ses oiseaux migrateurs (oies et flamants roses), ainsi que sur le niveau élevé de pollution marine engendrée par le projet, et qu’il pourrait conduire à la création d’une barrière de plage entre les deux rives de la vallée, ce qui réduira la surface de plage pour les vacanciers à Martil.




